by Alexander Barrios, 2015

Casa Proal

interview with Marie-Eve Knoerle, 2014

Taking Place,Piano Nobile

« Il s’agit d’une exposition entière, reproduite dans les espaces de ce palais. Entière au sens où même l’architecture du lieu d’origine et non seulement les oeuvres sont inclus dans le projet. Des parois et même des parquets ont été construits, superposés au bâtiment. Vous vous retrouvez dans une sorte de croisement architectural. » Ces phrases extraites de ton essai Espace/mouvement, de la promenade dans divers contextes (février 2014), me semblent être une bonne amorce pour parler du travail que tu proposes pour Taking place. Dans cet essai, tu décris notamment l’expérience de spectateur dans une situation d’exposition – dans cet extrait le cadre d’une exposition historique « rejouée » ; la mise en abyme ou même la fictionnalisation de l’espace traversé, expérimenté, une manière de le cartographier, y est récurrente et tu ajoutes des réflexions sur la pratique de l’exposition. Peux-tu indiquer quelques éléments par rapport à ton appréhension d’un espace d’exposition ?

Tu découperas le réel en très fines tranches que tu déposeras sur des plaquettes transparentes. Chacune, prise séparément, semblera presque abstraite mais aussi très précise comme lorsque tu observes des cellules sous un microscope. Si tu les réunis toutes, si tu observes à nouveau dans l’épaisseur des strates innombrables pour retrouver ton image de base, tu ne verras que des chimères ; des reflets de ce réel inaccessible à force d’être multiple. Ton œil percevra les lignes, les pleins et les vides mais ils sembleront tous inconnus, déformés. C’est un glissement impossible à arrêter, une sensation de presque comprendre lorsque soudain tout s’évanouit ; à nouveau noyé dans l’absurdité d’une carte géologique trop complexe. Quelque chose émerge alors de ces allers-retours incessants : une image, une idée qui se détache du fond emmêlé. Cette pensée prend forme doucement mais elle restera toujours tronquée. Elle est la trace visible d’une expérience vécue dans un espace et dans une durée, le mélange imprécis de réflexions désordonnées et d’impressions vagues.

by Reto Thüring, 2012

Plattform 12

Seit etwa einem Jahr kreist Liza Trottets künstlerisches Interesse um zwei zentrale Fragen: jene nach der persönlichen Lebenswelt und jene nach der eigenen Familiengeschichte. Anlässlich ihrer Diplomausstellung hat sie in einer weiträumigen Industriehalle vier grosse, leere Plastikkisten hingestellt. Die Kisten, die eigentlich für den Transport und die Aufbewahrung von Gemüse und Früchten Verwendung finden, waren mit einer halbdurchsichtigen Plastikfolie zugedeckt. Was aussah wie eine Fortführung von Duchamps Idee eines Ready Made – wobei unklar blieb, ob die Kisten tatsächlich zur Ausstellung gehörten und also Kunst waren, oder ob sie nicht vielleicht aus anderen Gründen in der Ausstellungshalle herumstanden – war eigentlich ein Verweis auf Trottets eigenen familiären Hintergrund. Liza Trottets Vater ist Obstbauer, er baut vor allem Äpfel an. Das Familienunternehmen führte bereits ihr Grossvater und vor diesem auch dessen Vater. In einer anderen Ecke der Halle lehnte an die Wand gelehnt und auf dem Boden ausgebreitet die Wohnung der Künstlerin – zerlegt in Einzelteile, ausgeschnitten aus Karton und als Holzbalken, die Höhe, Breite und Tiefe des Wohnraums angaben. Trotz ihrer Verweisfunktion können die Arbeiten auch auf einer weniger persönlichen, wenn man so will: formaleren Ebene gelesen werden. Im Kontext einer Kunstausstellung wird der Betrachter mit grundlegenden Fragen menschlicher Existenz konfrontiert. In welchen räumlichen Verhältnissen spielt sich ein Grossteil unseres Privatlebens ab? Welchen Bezug haben wir (noch) zu den Dingen, die wir konsumieren beziehungsweise bewohnen? Was brauchen wir um zu leben? Dann tritt das persönliche Gedächtnis der Künstlerin in den Hintergrund und schwingt nur noch als Resonanzraum leise mit.