en collaboration avec Neal Byrne Jossen

avec tous nos remerciements à la fondation BEA pour son soutien

Tempête solaire, 2016

La Serre, Fétigny

Le verre crisse sous l’effet du vent qui s’engouffre par la route à travers le village. Il vibre dangereusement lorsqu’un orage d’août secoue les carreaux et il protège à peine de la pluie qui goutte le long des parois. Mais lorsque le soleil brille…

Là-dedans, l’air est immobile. Il ne faut pas bouger trop vite ou respirer trop fort ; ça nous cuit comme un rôti, ça nous fait sortir l’eau du corps. Là-dedans, c’est Pompei ; c’est la fournaise.

Là-dedans, c’est bon pour les mouches et les plantes. Le motif, on peut le voir de partout et surtout de dehors. Les distances s’annulent selon les reflets dans le verre, selon la lumière ou les ombres. Les parois se chevauchent et les particules prennent vie. On se construit l’art que l’on veut: c’est un dessin, c’est une sculpture, c’est un dessin animé au rythme de nos pas ou même une illusion d’optique. C’est un four, une expérience sensible de la cuisson par effet de convection. C’est une peinture de pluie, ou de feu, ou de confettis.

Tempête solaire

suspendue dans une boule à neige.

Tempête, mon ombre,

si je bouge, tu bouges.

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